GUILLAIN-BARRE (Syndrome de)

Polynévrite aigue idiopathique - Polyneuropathie inflammatoire

22-12-2010, par Dr MOMBLANO Patricia

Problèmes majeurs:
- Risque respiratoire
- Dysfonction du système nerveux autonome
- Risque d'hyperkaliémie avec la succinylcholine

Desription:
- Neuropathie inflammatoire d'origine auto-immune, acquise.
- Souvent précédée par une affection virale: gastro entérite, infection respiratoire (le virus d'Epstein Barr et le Cytomégalovirus sont souvent retrouvés) mais on peut retrouver d'autres facteurs déclenchants tels la chirurgie, piqûres d'insectes.
- Le tableau clinique est variable de frustre à gravissime
- Faiblesse musculaire, engourdissement, parésie débutant aux membres inférieurs puis paralysie progressive ascendante avec risque d'atteinte des muscles respiratoires et troubles de la déglutition
- Parfois survient une dysautonomie neurovégétative (pouvant conduire à un arrêt cardiaque): hypo-hypertension artérielle, tachycardie ou bradycardie, transpiration ou absence de sudation, hypotension orthostatique dans 40% des cas.
- Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'une hyperprotéïnorachie avec une numération cellulaire normale.
- Le traitement est symptomatique, il consiste à suppléer aux fonctions respiratoires et hémodynamiques et à éviter l'inhalation. Les corticoïdes n'ont pas prouver leur efficacité, par contre la plasmaphérèse dans les 2 premières semaines est efficace.
- L'immobilisation prolongée expose au risque de phlébites
- La guérison est habituellement spontanée et totale, dans 5 à 10% des cas des séquelles motrices sont présentes.

Implications Anesthésiques:
- Si pas de notion d'urgence attendre la guérison de la maladie avant la chirurgie
- La conduite anesthésique est la même que dans les autres pathologies avec dégénérescence du moto-neurone.
- Évaluer la fonction respiratoire
- Rechercher signes de dysautonomie
- Évaluer le niveau de l'atteinte neurologique avant de procéder aà une anesthésie loco régionale
- Évaluer le rapport bénéfice risque dans le choix de la technique anesthésique
- L' Anesthésie loco régionale est controversée (1) bien qu'en obstétrique elle soit pratiquée
- Induction douce en titration afin d'éviter des modifications hémodynamiques d'autant plus importantes qu'il existe une dysautonomie
- Risque d'inhalation lors de l'intubation en cas de troubles de la déglutition
- Éviter la succinylcholine (risque d'hyperkaliémie)
- Résistance probable aux curares non dépolarisants (1), monitoriser la curarisation
- Monitoriser la pression sanglante artérielle en cas de dysfonction autonomique
- Ventilation post opératoire si la fonction respiratoire est altérée
- Prudence lors des changements de position
- Vulnérabilité 90 jours après le début de la maladie
- Souvent corticothérapie à fortes doses, prévenir le risque d'insuffisance surrénalienne post opératoire



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Voir en ligne : ORPHANET
*Information sur site MEDinfos

* (1) Anesthésie et maladies neurologiques (Partie 2)- Anesthésie Hôpital Foch - septembre 2001