ALZHEIMER (Maladie d')

29-06-2013, par Dr MOMBLANO Patricia

Problèmes majeurs:
- Eviter les drogues altérant la transmission cholinergique
- Recherches en cours, mais à priori:
-* Préférer Propofol, Rémifentanil
-* Eviter Halogénés, kétamine



Description Clinique:
- Il existe deux formes de maladie d'Alzheimer: la forme génétique, héréditaire et la forme sporadique, la plus répandue.
- Dans la forme génétique il existe des mutations concernent le gène PSEN1 (69%), des mutations ou des duplications du gène APP (13% et 7,5% respectivement) et exceptionnellement des mutations du gène PSEN2 (2%)(Orphanet). Les personnes porteuses d'une de ces anomalies ont tendance à développer la maladie vers l'age de 30 ou 40 ans, on retrouve dans leur famille plusieurs cas de la maladie d'Alzheimer.
- La maladie d'Alzheimer est associée à une perte des neurones à transmission cholinergique aboutissant à des troubles mnésiques sévères et une perte irréversible des fonctions cognitives. L’acétylcholine est l'un des principaux neurotransmetteurs du système central. Elle réglemente de hautes fonctions cognitives comme la mémoire, l'apprentissage, l'arborisation dendritique, le développement neuronal et la différentiation(1).
- Le système cholinergique est impliqué dans l'action des substances anesthésiques (2), et les effets de ces substances sur la transmission cholinergique ont des répercussions sur les fonctions cérébrales dans la mesure où ils se lient aux récepteurs nicotiniques et muscariniques. Au cours de l'anesthésie générale la diminution d’acétylcholine et la dépression de la transmission cholinergique facilite les effets recherchés de l'anesthésie: perte de conscience, analgésie, perte des mouvements involontaires et amnésie. On comprend donc que les patients atteints de la maladie d'Alzheimer dont la transmission cholinergique est altérée, seront beaucoup plus sensibles aux conséquences de l'anesthésie générale.
- Le stress est un facteur aggravant le développement de la maladie (4)(5)



Implications Anesthésiques:(1)(7)
- La plupart des médicaments administrés pendant l'anesthésie, à quelques exceptions près, interagissent avec les récepteurs nicotiniques et muscariniques à la fois.
-*Les anesthésiques volatiles, desflurane, l'isoflurane et le sévoflurane inhibent à la fois les récepteurs nicotiniques et muscariniques de façon dose-dépendante. Des chercheurs ont remarqué que l'utilisation de Sévoflurane était associée à des concentrations dans le LCR significativement plus élevées de marqueurs inflammatoires (protéine TAU) prédisposant à la maladie d'Alzheimer qu'avec les autres drogues anesthésiques (8).
-*Les barbituriques sont des antagonistes puissants des récepteurs muscariniques , l'etomidate et ​​le propofol inhibent également les récepteurs muscariniques et nicotiniques mais à de très fortes doses, doses non utilisées en clinique.
-*Les opiacés: morphine et fentanyl, peuvent bloquer les 2 types de récepteurs, tandis que le plus récent des opioïdes, le rémifentanil, n'interfère pas avec la libération d’acétylcholine.
-*La laudanosine, métabolite du cistracurium et de l'atracurium stimulent les récepteurs nicotiniques α4β2, ceci à des concentrations identiques à celles observées pendant ou après l'anesthésie, ce qui aurait une action neuroprotectrice
-* La kétamine inhibe les récepteurs cholinergiques nicotiniques

- En fait, les troubles cognitifs observés en postopératoire semblent plus liés aux drogues administrées qu'à l'anesthésie générale elle même (3)
- Une étude rapportée par le Can J Anesth,(6) suggère qu'il n'y a pas de différence significative dans l'apparition de délire ou de troubles cognitifs postopératoires en fonction de la technique anesthésique: générale ou locorégionale

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Voir en ligne : ORPHANET
*Association FRANCE ALZHEIMER

*(1)Alzheimer's disease and anaesthesia: implications for the central cholinergic system
V. Fodale, D. Quattrone, C. Trecroci, V. Caminiti andL. B. Santamaria
Br. J. Anaesth. (2006) 97 (4): 445-452.

*(2)Drugs of anesthesia acting on central cholinergic system may cause post-operative cognitive dysfunction and delirium.
Praticò C, Quattrone D, Lucanto T, Amato A, Penna O, Roscitano C, Fodale V.
Med Hypotheses. 2005;65(5):972-82.
Department of Neuroscience, Psychiatric and Anesthesiological Sciences, University of Messina, School of Medicine, Policlinico Universitario G. Martino, via C.Valeria, 98125 Messina, Italy.

*(3)The Inhibition of Central Nicotinic nAch Receptors Is the Possible Cause of Prolonged Cognitive Impairment After Anesthesia
Vincenzo Fodale and
Letterio B. Santamaria
Anesthesia & Analgesia October 2003 vol. 97 no. 4 1207

*(4)Stress Acts Cumulatively to Precipitate Alzheimer's Disease-Like Tau Pathology and Cognitive Deficits,
I. Sotiropoulos, C. Catania, L.G. Pinto, Rui Silva, G. .Pollerberg, A.Takashima, N.Sousa, and O. F. X. Almeida
Journal of Neuroscience, May 25, 2011; 31(21):7840-7847

*(5)ER stress in Alzheimer's disease: a novel neuronal trigger for inflammation and Alzheimer's pathology
Antero Salminen, Anu Kauppinen, Tiina Suuronen, Kai Kaarniranta and Johanna Ojala
Journal of Neuroinflammation 2009, 6:41

*(6)Evidence-based clinical update: general anesthesia and the risk of delirium and postoperative cognitive dysfunction.
Bryson GL, Wyand A.
Can J Anaesth. 2006 Jul;53(7):669-77.

*(7)Drugs of anesthesia, central nicotinic receptors and post-operative cognitive dysfunction
V. Fodale, L. B. Santamaria
Acta Anaesthesiologica Scandinavica
Volume 47, Issue 9, page 1180, October 2003

*(8)Small Study Links Surgery and Anesthesia With Alzheimer's MedecineNet.com-Mary Elizabeth Dallas-University of Pennsylvania, news release, Oct. 1, 2011